Suite des échanges
De Marseille
J'aimerais savoir si votre action est soutendue par une philosophie connue ou une orientation religieuse. je n'en comprends pas bien la finalité
Mon "action" est sous tendue par une pensée, celle qui est exprimée tout au long des pages figurant sur le site.
Or cette pensée, pensée de l'homme et de l'expérience humaine, de la réalité et des affaires humaines met en évidence que comprendre, au fond, ce n'est plus simplemenr reconnaître des formes, des références, des idées, mais discerner en soi le Sens... et en apercevoir les conséquences. Bien évidemment j'ai été influencé par l'environnement qui a été le mien, christianisme, humanisme..., mais toute pensée véritablement neuve est une transgression un bouleversement de ce qui existe. Le réel humain reste mais sa compréhension, ainsi que celle des pensées autres ou encore des situations humaines est toute nouvelle. Donc, si cela peut ressembler à ceci ou cela c'est différent même si cela confirme, éclaire ou ré ajuste telle ou telle thèse existante.
On m'a souvent demandé à quelle école de pensée j'appartenais, à quel courrant je me rattachais. A aucun. Cela ne veut pas dire que je les nie ou en nie l'influence mais que ce n'est pas dans cette modalité qu'est née la théorie du Sens et des cohérences humaines base de l'humanisme méthodologique. Théorie signifie procession de l'être. C'est de ce côté qu'il faut chercher l'origine, la finalité et aussi entendre ce que cela dit.
Vous avez-sans doute remarqué que l'enjeu est l'accomplissement de l'homme en chacun et en tous. Ne peut s'accomplir que ce qui est, et pas encore accompli. Pour l'homme c'est sa nature d'être libre, d'être humain. Tout cela reste incompréhensible si d'une part cela n'est sous-tendu par une conception de la nature humaine (à l'opposé de tous les antihumanismes qui en font volontiers abstraction) et d'autre part si cela n'éclaire les affaires humaines et les voies et moyens de s'y accomplir....
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Une étudiante de la réunion
La réalité est elle la même pour tous? Ou est-elle différente pour chacun de nous?
La réalité (pour moi) est ce que je " réalise",
l'expérience que je vis (sur les plans affectif, factuel
et mental). Or cette expérience m'apparait comme quelque
chose d'autre que moi comme une réalité indépendante
de mon acte de réaliser (souvent resté inconscient).
Les propriétés de cette réalité ne
sont alors rien d'autre que les dimensions et composantes de cette
expérience.
L'acte de réalisation, expérience de "quelque
chose d'autre" n'est pas arbitraire. Il se produit comme
le déploiement d'une position d'être (un Sens) partagé
avec quelqu'un d'autre (conSensus).
L'expérience du Sens partagé avec d'autres hommes
(êtres de Sens) se vit (se réalise) selon le déploiement
d'une structure que j'ai appelée "cohérenciel"
instaurant pour toute expérience et donc réalité
une structure trialectique.
Voir trois textes sur le site
http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/Theses.html
http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/trial.htm
http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/eclreare.htm
voir aussi ce qui concerne le virtuel, série de textes
courts
Dès lors autant de réalités que de conSensus
(collectifs)
exemples : une culture, le monde de chaque communauté
humaine
Cependant est-ce que la réalité pour moi est la même que pour l'autre avec lequel je suis en conSensus? Il n'y a que dans une espace "de réalité" commun que la question peut se poser et qui présuppose réalité commune.
Pour être plus précis disons que "tout se passe comme si" la réalité réalisée par notre conSensus était commune, et même autre que nous.
Cependant on peut montrer que le Sens que j'ai investi dans le conSensus peut être plus important pour l'un que pour l'autre (différences personelles, culturelles), que la conscience éventuelle ou le niveau d'évolution et de maîtrise personelle pour ce Sens peuvent être différents. De ce fait tout en étant commune la réalité en question peut être vécue (expérience) différemment.
La réalité est la même pour ceux qui partagent un conSensus tout en étant différente quand à l'expérience qui en est faite et qui la constitue.
Au bout du compte, lorsqu'une certaine conscience de tout cela émerge, qu'émerge (à l'âge du Sens) la conscience que la réalité nous en sommes collectivement coauteurs (cocréateurs?) Alors nous pouvons accepter qu'il y ait plusieurs mondes (autant que de communautés humaines) et que nous ayons à participer chacun à plusieurs monde tout en partageant LE MONDE avec tous. C'est cela le Sens de la mondialisation dont on ne nous parle que de formes dégradées.
En définitive la réalité n'est plus le point d'appui ultime, universel; l'absolu sur lequel reposent nos existence (croyance originelle comme certain "penchant") elle est l'expression, la médiation de notre être de Sens qui se réalise ainsi et se révèle à lui même - radicalement autre, unique et en même temps même que tout être humain notre semblable.
Croire que la réalité nous est totalement extérieure c'est perdre toute possibilité de se retrouver en tant qu'être humain. Croire qu'il n'y a qu'une réalité, déjà là, revient au même, nous ne sommes alors que des mêmes. Croire qu'il n'y a pas de réalité commune c'est croire qu'il n'y a que de l'autre, dans un solipsisme clos.
L'humanisme méthodologique pose l'homme au centre de toute réalité (d'expérience humaine) et y découvre le lieu de toute conscience et de de toute action "réalisatrice"...
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De Dakar
J'aimerais savoir ce que vous pensez des conflits en entreprise?
Lorsque le Sens de l'entreprise est un sens de possession (voir
: "la civilisation de l'entreprise" notamment) alors
le conflit est quasiment génétique. On ne peut fonder
une organisation sur le principe d'accaparement et de rivalité
concurentielle sans que cela génère des conflits
d'intérêts.
Vouloir gérer les conflits dans ce contexte c'est soit
une attitude cynique et machiavélienne soit une naïveté
due à un manque de discernement du Sens même de l'entreprise.
Dans cette logique (de possession) le conflit est connaturel à l'entreprise et l'absence de conflit le fait d'une entente dans le cadre d'un conflit plus large... Toute une science des conflits et de leur résolution peut être construite. Elle est vaine si elle ne vise pas à faire changer le Sens fondamental de l'entreprise.
Dans d'autre logiques le conflit est possible mais joue un rôle différent.
Dans la logique systémique, le conflit est vu sous le mode mécaniste, la recherche d'équilibre. C'est un moment de régulation et de rétablissement d'équilibre.
Dans la logique rationaliste le conflit est vu comme irrationnel, une perte de contrôle à rectifier.
Dans la logique humaine (humanisme méthodologique) le conflit peut être nécessaire lorsque l'essentiel est en jeu c'est à dire le Sens et le consensus de l'entreprise. Il est le symptôme d'une difficulté de direction et de son retentissement sur le corps social. La connaissance des phénomènes humains individuels et collectif est alors nécessaire pour comprendre et résoudre les conflits importants qui se présentent....
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De Ouagadougou
Evaluation participative et communautaire
Concernant l'évaluation participative je vous renvoie
à un texte sur l'évaluation des politiques publiques
que vous pourrez transposer à l'échelle d'une communauté
ou d'une institution.
(Utilisez le moteur de recherche interne pour cela).
J'insiste toujours sur le fait qu'une évaluation demande
toujours la définition (partagée) d'une échelle
de valeur (un Sens) au préalable.
Il y a ensuite trois critères d'évaluation hiérachisés
comme ceci :
- critère de pertinence : est-ce que ça va dans
le bon Sens (qu'il faut avoir fixé préalablement)
- critère de cohérence : est-ce que tout concourt
dans le même Sens
- critère de performance : quelle mesure d'efficacité
par apport aux moyens mobilisés.
La question du Sens est la plus essentielle et la plus difficile
(exigente).
C'est l'essentiel de l'anthropologie de l'humanisme méthodologique.
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Du Maroc
Comment parvenir à améliorer la qualité de sa vie ? dans la vie au sens large.
Vous êtes de plus en plus nombreux au Maroc à intervenir sur ce site. Il faudra peut-être créer un groupe d'humanisme méthodologique sur place.
La question que vous posez est celle à laquelle de nombreux philosophes ont essayé de répondre, des religions aussi.
D'un côté il y a la question du bonheur largement partagée par les humains mais qui, au fond, se ramène à "comment se sentir bien". Bien sûr à partir de là chacun le voit à sa fenêtre et se trouve confronté à une réalité qui n'est pas celle espérée. Les autres qui ont d'autres conceptions, ou les mêmes, semblent être un obstacle. On peut dire, je crois, que la recherche du bonheur qui consiste à suivre uniquement ses penchants et ses envies est presque toujours vouée à l'échec.
D'un autre côté la question posée devrait renvoyer à la question qu'est ce que la qualité d'une vie à laquelle on ne peut répondre sans se poser la question qu'est-ce que l'homme et qu'est ce qu'une vie humaine.
Alors pour moi la réponse est que la qualité d'une vie humaine (une vie de qualité "humaine") est une vie qui permet de découvrir et prendre possession de son humanité même.
En quoi cela consiste? A découvrir que derrière toutes nos expériences il y a notre humanité dont nous pouvons prendre conscience et nous rendre maître. Ne plus nous confondre avec ce que nous vivons (ex: je ne suis pas mes affects, je ne suis pas mon corps, je ne suis pas mes pensées mais c'est grâce à cela que je peux exister, que je peux découvrir mon être (humain) et que je peux en avoir une certaine maîtrise. Celle-ci peut bien sûr éviter quelques désagréments, éviter des manières d'être préjudiciables, faciliter une croissance de son propre accomplissement, et servir, servir la maîtrise des autres... C'est la définition de toute responsabilité, de tout professionalisme, ...
Comment? il y a toutes sortes de recommandations qui existent déjà sur la manière d'être un homme (sain - saint).
Je préconise qu'en toute chose et situation soit recherché le meilleur Sens (le Sens est le propre de l'homme son humanité intérieure pour le meilleur et pour le pire). Cela veut dire toujours s'efforcer de discerner le Sens (humain), et choisir celui qui permet le meilleur discernement et donc la plus grande maîtrise humaine. Cela peut passer par des épreuves mais conduit toujours à une plus grande qualité humaine et donc une existence de qualité. Quelques fois cela peut prendre des formes inattendues et même incompréhensibles pour les autres. C'est pour cela que l'on ne peut pas se fixer sur une forme de vie ou une autre mais sur la manière de vivre son existence.
Réussite, succès, exploit sont des enjeux dont la valeur dépend du critère de qualité humaine. Si on parlait de réussite de projets indépendament de leur valeur humaine (assassiner ou voler son voisin par exemple) on ne pourrait pas l'associer à l'idée de qualité d'une vie humaine mais à sa dégradation. On peut y trouver des satisfactions, pas le bonheur...
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De la région parisienne
Quelles formes d'actions politiques revendiquez vous ?
Votre question pose problème
D'abord revendiquer c'est poser une autorité supérieure auquel on attribue le pouvoir de répondre à votre revendication. C'est un signe d'immaturité et pas d'autonomie. Celle-ci conduit à prendre position, à la tenir, à la remettre en question le cas échéant... et à considérer la position des autres.
Quant aux "formes d'action politique" Comment peut-on parler d'action politique tant que l'on a pas éclairé ce que politique veut dire.
Avant l'action il y a le Sens à donner (au bien commun
par exemple) il y a éventuellement des stratégies
à concevoir pour tenir compte des situations à faire
évoluer et ensuite agir.
En venir directement à l'action politique c'est considérer
implicitement que les préalables sont déjà
réglés. Par qui? encore quelqu'autorité souveraine
dont on se fait l'exécutant en épousant quelque
directive toute faite?
Si la question c'est qu'est ce que l'action politique pour moi alors ma réponse est d'abord réhabiliter le politique (le refonder), redéfinir le Sens du bien commun, le faire en rapport aux communautés humaines et cesser de le faire au nom d'un intérêt général arbitraire. En définitive en faire une affaire humaine.
Les conceptions idéologiques du politique, celles qui font du pouvoir et de la lutte contre le pouvoir l'alfa et l'oméga du politique sont des conceptions pathologiques, immatures et destructrices.
Quant à l'action politique entièrement vouée à la dénonciation d'un mal soigneusement designé avec force lanque de bois c'est une attitude irresponsable qui consite à s'identifier au Bien sans avoir à en assumer les exigences ou les responsabilités. C'est le soubassement de tous les totalitarismes, quelque soit le contenu du mal désigné...
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A très bientôt Roger Nifle