Bonjour,
Ce jour dernier de l'année 2002 est propice à se
retourner sur ce qui a été accompli pour apprécier
ce qui reste à accomplir. Je formule à votre égard
des voeux pour que s'accomplissent vos projets et vos personnes
et que l'année qui vient soit l'an 1 de quelque chose de
très nouveau pour chacun.
La poursuite des correspondances a été très marquée par les thèmes de la science, de la culture et du développement et aussi de la gestion. Un nombre de plus en plus important d'étudiants notamment en fin de cycle et doctorats se manifeste. C'est bon signe pour l'avenir.
Très cordialement aux habitués de la liste et aux nouveaux inscrits.
Roger Nifle
Correspondances récentes (partie 1)
--------------------------------------------
de France
Suffit il de dire j'ai raison pour avoir raison?
Avez-vous lu "la raison a-t-elle toujours raison"
http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/raison.htm
Le sens des mots est toujours la clé. Par exemple "avoir
raison de" quelqu'un ou d'une situation c'est l'avoir en
son pouvoir (comme l'avoir arraisonné) mais cela n'implique
pas que l'on ait raison car avoir raison signifie aussi avoir
établi la véritable raison de quelque chose.
Dire" j'ai raison" peut être sincère mais
erroné ou bien manipulateur pour s'imposer aux autres (et
même se mentir à soi même).
Pourquoi parler de raison dans ces cas? parce que notre culture
à donné à la raison un statut de valeur supérieure
et même celui de déterminer la vérité.
On pourrait croire que les choses ont toujours une raison et que
cette raison s'impose à tout le monde. C'est un principe
sur lequel repose "la pensée unique".
---------------------------------------------
De France
Etudiant en maîtrise de sciences de gestion "Le management par les valeurs, une dimension oubliée". Ce thème est vaste et je ne vois pas exactement dans quel sens orienter mes recherches.
Bonjour, vous avez sur le site http://www.coherences.com/TEXTES/DIVERS/entreprises.html
tout un ensemble de textes sur le management par le Sens ou les
valeurs ne sont rien d'autres que des traductions du Sens de l'entreprise
en termes d'idéaux ou de principes.
Dans le texte "management par les valeurs" que vous
y trouverez est précisé ce rapport Sens valeurs.
Dire que c'est une dimension oubliée mérite d'être
éclairée. Voyez d'une part "la civilisation
de l'entreprise" pour comprendre à quelles conceptions
de l'entreprise cette dimension est associée ou non, voyez
aussi quels simulacres d'autres conceptions peuvent en faire.
Dans "le gouvernement des entreprises humaines" où
sont indiquées les dimensions du management vous verrez
aussi ce que "oublié" peut avoir pour conséquence.
Au delà je vous suggère de lire aussi "Sens
et management". Il ya de nombreux autres textes sur la qualité,
le marketing, les entreprises qui en témoignent.
Dans une perspective idéaliste qui confond représentation,
images, ou idées avec le Sens, les apparences avec le fond
la référence au valeurs est plus que sujette à
caution à l'image de ce qu'on trouve dans la sphère
publique. C'est malheureusement les cas le plus fréquent.
Voyez aussi le texte sur "la gestion" http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/gestion.html
qui vous donnera aussi d'autres éléments.
------------------------------------------------------
De France
Etudiante en Maîtrise des Sciences de Gestion, "le Role d'interface du Controleur de Gestion dans la mise en place de projets informatiques."
Je suis toujours surpris de la propension universitaire à entrainer les étudiants à travailler sur des fictions.
Je vous suggère de prendre connaissance du texte
http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/gestion.html
pour imaginer quelle réponse on pourrait donner à
la question que vous traitez dans chacun des Sens du concept.
Forte de cette analyse vous pourriez réenvisager le sujet
lui même et lui donner une tournure plus constructive ou
rechercher des cas (hypothétiques) où cet "interface"
a été conduit de manière significative sur
un domaine ou d'ailleurs se présentent des difficultés
particulières, notant que les bouleversements qui affectent
ce secteur (informatique) ne faciliteront pas les choses. Peut-être
que dans la branche productique (informatique de production),
plus immergée dans la culture de la production où
le contrôle de gestion a fait ses premières armes
en d'autres temps, serait plus accessibles pour la problématique
soulevée.
------------------------------------------------------------
Du Maroc
la découverte du site HM a été pour
moi une sorte de révélation pour
confirmer une intuition que j'avais du à en envisager la
mise en oeuvre.
Aujourd'hui, grâce à votre apport que je considère
comme un pas determinant
dans la voie d'une plus grande "humanisation de l'humanité",
je dispose de
plus d'outils et surtout d'une méthodologie dont j'espère,
avec la
permission de ses auteurs, pouvoir m'y référer.
Cependant, je reste
convaincu que tout cet énorme travail serait vain sans
un transfert de
Paradigme pour conforter "le paradigme du Sens". J'entends
par là une
sortie du système transactionnel pour un système
de transformation: le
premier étant fondé sur la valeur instrumentale
"Argent", le second sur
celle du "Temps".
C'est en effet très pertinent
D'abord la vision transactionnelle imagine des individus en face
à face et dont la relation est transaction, jouant à
l'infini le défi de la défiance de l'autre, les
instruments de la transaction passant pour des moyens da pacification
qui légitiment tous les jeux d'appropriation égocentrée
des termes de la transaction...
Dans la vision du temps c'est bien là une figure existentielle du Sens, principe d'humanité. Elle pose le temps comme flèche du devenir, du "grandir", de toute progression, de toute valeur, vertu, projet entreprise...C'est bien malgré son évidence une nouveauté de penser les choses comme processus dans le temps et processus humain singulièrement.
Dans cette perspective, les thèmes sur lesquels portent
ma réflexion sont
entre autres:
L'éthique mais quelle ethique? En ce qui me concerne je
penche pour
l'Ethique révélée à tous les hommes.
Avez vous lu le texte sur l'éthique?
http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/ethic.htm
Quant à la question de révélation elle est
importante et délicate vu les difficultés de compréhension
de la révélation de l'homme aux hommes qui demande
aussi leur concours. Construire une éthique fondée
dans l'humanité et orientée vers son accommplissement
me parait une chose essentielle en même temps que des enseignements
"révélateurs" peuvent être sollicités
pour cela.
Capitalisme et création de valeur pour l'ensemble
des parties prenantes y
compris la collectivité;
C'est bien la question économique que je comprend comme économie communautaire n'oubliant pas que la communauté est celle de personnes humaines.
L'Identité humaine qui doit être l'unique source
de Sens. Mais comment la
définir?
Je distinguerai ce qui est la nature humaine, son humanité, des signes caractéristiques par lesquels elle s'identifie. La réduction de l'homme à tel ou tel de ces signes l'aliène à son identité alors que celle ci est une médiation qui peut-être révélatrice.
Quant à un éventuel projet de manifestation
culturelle au Maroc autour de
l'humanisme méthodologique, j'adhère complètement
à l'idée.
Aussi faudra-il essayer de fédérer toutes les volontés
(celles qui se sont
déjà exprimées sur la question notamment)
et réfléchir à un thème
susceptible d'intéresser un pays qui se veut un modèle
de modération et
d'"humanisme".
Je n'ai pas de base au Maroc mais je pourrais contacter les
personnes qui se sont manifestées. Il faudrait que quelqu'un
formule un projet réalisable pour mobiliser d'autres personnes.
Une étude de cohérence culturelle du Maroc et les
perspectives de valeurs, de vocation, de développemet que
cela ouvre pourrait être une base. Je ne sais pas, par contre,
ce qui pourrait être monté à partir de cela.
----------------------------------------------
De France
Doctorant je mène ma recherche sur la notion du 'sens' qu'ont les dirigeants en matière de comptabilité...
Merci de votre message et je répondrai volontiers à votre sollicitation.
...............
Cela dit Il y a trois aspects qui viennent d'emblée
- De quoi parle-t-on quand on parle de Sens, comment discerner le Sens, qu'est ce qui fait qu'un dirigeant, une situation, une pratique ait tel ou tel Sens et quelles en sont les conséquences.
- Comment se posent les problèmes de Sens en comptabilité non seulement pour les différents acteurs (dont les dirigeants) mais dans les concepts mêmes, les méthodes et les pratiques et selon les contextes (visions de l'entreprise par exemple)?
- Comment appréhender ce qu'il en est "en situation" dans telle ou telle entreprise ou types d'entreprises, dans telle ou telle "école" et comment intervenir sur ce Sens de la comptabilité (pour les dirigeants) en fonsction des problèmes que cela peut-poser. Mauvais sens, conSensus ou non, cohérence ou non, changement de Sens etc.
Vous comprendrez sans doute que si l'un de ces trois volets manque l'édifice peut-être bancal (c'est ce qui se passe très souvent) mais il faut aussi voir jusqu'où vous voulez aller dans leur approfondissement.
il y a aussi la possibilité de l'aborder par un bout ou un autre pour construire la problématique et enfin il y a la question des perspectives ouvertes par exemple en matière de sciences de gestion où je crois qu'il ya de grande avancées à faire...
Suite des échanges
La problématique à laquelle je tente de répondre
est :
Comment discerner le sens que le dirigeant a de la comptabilité
et jusqu'où ceci conditionne son recours et son utilisation
du Syst d'information comptable en tant qu'instrument de gestion?
Les problèmes que je rencontre actuellement sont à
la fois théoriques et méthodologiques :
- La définition de mon projet : la définition de
la notion de sens n'est pas assez traitée dans la littérature
ou plutot ne me semble pas adaptée telle qu'elle y apparait
à ma problématique.
- descerner le sens : c'est ma question principale de recherche.
Cela pose la question de la théorie centrale à laquelle
je faits recours.
- l'intéraction entre aspects personnels et contextuels
: l'importance de l'un et de l'autre dans la notion du sens :
normalement c'est le choix raisonné de la théorie
centrale qui va permettre de les cerner.
Votre analyse du problème en trois aspects a cairtainement
précisait les questions de ma recherche. Je paratge votre
avis qu'on vous dites que mon travail devrait forcément
traiter ces trois aspects. ...
Un dernier aspect de mon travail est que je m'intéresse
plus à la personne du dirigeant qu'aux concepts et méthodes
comptables.
"Comment discerner le sens que le dirigeant a de la comptabilité et jusqu'où ceci conditionne son recours et son utilisation du Syst d'information comptable en tant qu'instrument de gestion?"
Vous en avez posé les problémes sur lesquels je vous propose quelque réflexions avant d'en venir à une hypothèse de travail.
D'abord la notion de Sens. La plus grande confusion règne.
Dans votre question le sens c'est sans doute la signification
ou mode de compréhension. C'est aussi la logique ou rationalité
des rapports avec la comptabilité. C'est enfin la valeur
et les finalités attribuées. C'est bien ce qui correspond
à une recherche du sens contemporaine et à une interrogation
sur le sens au-delà de la seule explication rationelle.
De nombreux ouvrages ont été publiés autour
de la question du sens de ceci ou de cela sans que la notion soit
vraiement définie. Le domaine de la linguistique ou de
la sémiotique offre une palette de définitions particulièrement
confuses.
Pour ma part c'est avec l'élaboration d'une anthropologie
fondamentale que j'ai découvert le problème du sens
et en ai renouvelé le concept.
Je mets une majuscule à Sens pour désigner ce que
j'ai montré comme étant le propre de l'homme le
principe même d'humanité en l'homme, reconnu alors
comme être de Sens.
Les Sens en l'homme sont habituellement inconscients mais s'expriment
sous de multiples formes parmi lesquelles toutes les acceptions
du terme qui sont ainsi reliées entre elles par le fond.
J'ai montré aussi que nous entrons dans une période
(mutation) où, au travers de différentes crises,
les questions de Sens se font plus pressantes et que c'est toute
une ingénierie du Sens qu'il faudra développer à
l'avenir. Un mot pour dire que le Sens est un principe plus profond,
plus essentiel que celui de Raison qui lui est en fait subordonnée.
C'est donc à un dépassement d'une civilisation de
la raison qu'il nous faut nous préparer. Votre question
comme celle de nombreux auteurs, chercheurs, responsables en témoigne
et j'en ai sans cesse la preuve par les questions qui me sont
posées.
Cependant dans cette situation il n'est pas facile de partager les questions essentielles et, en particulie, il n'est pas facile je pense de traiter de ce type de questions dans le contexte d'une thèse comme la votre. Aussi je vous suggère (sauf possibilité inattendue dans le contexte universitaire qui est le votre) de travailler personnellement à une comprehension assez forte de cela sans en faire obligatoirement une base de votre argumentation.
Votre deuxième question concernant le discernement des Sens est évidemment liée à la première et j'ai développé tout un ensemble d'outils et de moyens pour cela. Néanmoins je ne crois pas non plus qu'il soit facile de les mettre en avant.
Aussi je vous propose un artifice. Il s'agirait de partir d'une étude fondamentale sur le Sens de la gestion http://www.coherences.com/TEXTES/DOCUMENT/gestion.html
Qui peut être présenté comme une simple typologie validée par l'expérience et permettant de répondre aux questions posées tout en dessinant des perspectives et des propositions novatrices. ...
Par exemple il serait interessant d'utiliser cet outil (carte des Sens ou cohérences) pour
- lire les différents Sens possibles de la comptabilité en fonction des conceptions de la gestion puis établir les différentes positions des dirigeants vis-à-vis de la gestion selon ses Sens et par suite en déduire leur rapport à la comptabilité. (Travail de fond personnel, théorique)
- Rechercher dans la littérature - comptabilité et sciences de gestion - des positions qui illustrent ces mêmes Sens (Travail sur les références)
- Construire une enquête de terrain auprès de différents acteurs concernés (dirigeants, comptables, gestionnaires, contrôleurs de gestion...) pour valider et expérimenter les situations et la diversité des positions. (Travail de terrain et de traduction empirique)
Ensuite il sera possible de problématiser autrement la question initiale à la lumière des découvertes et des perspectives que cela ouvrira pour déboucher sur des propositions dont j'ai quelqu'intuition.
L'ordre ci-dessus est essentiel. J'ai lu le document d'enquête que vous avez joint et s'y dessine très bien un fratras confusionnel classique où l'on voit se dessiner en filigranne des conceptions apparamment très différentes de la comptabilité et de la gestion, votre interlocuteur tentant d'imposer sa propre conception indépendamment des besoins et des attentes des autres que l'on devine dans un état d'esprit voisin. On parle beaucoup d'autisme ces temps-ci en voilà un exemple.
Dans le processus que je vous propose l'outil apparaitra dans sa profondeur et sa pertinence petit à petit et c'est alors qu'il se sera imposé que des questions de fond pourront être éventuellement développées.